1914
His protuberant gut is corseted with distance. His plumed hat is flat his face a terrifying death's head, but dark and so ferocious that one could think one saw the horn of a rhinoceros or an extra tooth in his terrible jaw. Oh sinister vision of German death.
1914
Son ventre proéminent porte un corset d'éloignement. Son chapeau á plumes est plat; son visage est une effrayante tête de mort, mais brune et si féroce qu'on croirait voir quelque corne de rhinocéros ou dent supplémentaire á son terrible maxillaire. O vision sinistre de la mort allemande.
Le cornet á dés
Sorrowful Final Appeal to the Inspirational Ghosts of the Past
I was born near a racetrack where I saw horses running beneath the trees. Oh my trees, oh my horses! All of that was promised me. I was born near a racetrack, my childhood inscribed my name in the bark of chestnut trees and beeches. But my trees have become the white feathers of the bird that cries "Léon! Léon!" Oh long-winded memories of sumptuous chestnut trees where as a child I wrote my grandfather's name! Long-winded memories of races! Jockeys! Seen from afar they are now no more than pitiful toys. The horses have lost their nobility and my jockeys' helmets are black. Turn away, turn away, old imprisoned thoughts that will never take flight! Your proper symbol is not the elastic gallop of jockeys across the greenery but a few dusty reliefs which hide from my sorrow the autumnal chestnuts where my grandfather's name is written.
Douloureux appel final aux fantômes inspirateurs du passé
Je suis né près d'un hippodrome où j'ai vu courir des chevaux sous des arbres. Oh! mes arbres! oh! mes chevaux! car tout cela était pour moi. Je suis né près d'un hippodrome! mon enfance a tracé mon nom dans l'écorce des châtaigniers et des hêtres! hélas! mes arbres ne sont plus que les plumes blanches de l'oiseau qui crie: "Léon! Léon!" Oh! souvenirs diffus des châtaigniers somptueux où j'inscrivis, enfant, le nom de mon grand-père! Diffus souvenirs des courses! jockeys! ce ne sont plus que de pauvres jouets tel qu'on les verrait de loin! les chevaux n'ont plus de noblesse et mes jockeys sont casqués de noir. Allons, tournez! tournez! vieilles pensées emprisonnées qui ne prendront jamais l'essor! le symbole qui vous sied n'est pas le galop élastique des jockeys dans la verdure, mais quelque poussiéreux bas-relief qui cacherait á ma douleur des châtaigniers d'automne où le nom de mon grand-père est écrit.
Le cornet á dés
If Guillaume Had Died a Christian Death
And I was so certain of his impending death that in tears I sketched the bed of his final agony. Which is not to deny that I was somewhat preoccupied by questions of craft. The next day he walked through Paris strong and sublime. One morning in Montmartre at Sacré-Coeur two black cats pressed me between them. A voice proclaimed: "Fear not!" Sacré-Coeur seemed like one of those pink fortresses that decorate the summits of hills in Italy and he, Guillaume, was like a man-headed bird soaring above it. Was he dead, the dear singer? My sketch was unfinished. I came upon him leading a group of disciples: was it he or Dante? Full of life, surely! He was not dead, Guillaume. A tall intelligent abbot tells me: "One can't be more alive than Guillaume Apollinaire. Finish, therefore, your sketch of his death and place my silhouette to the left beneath it."
Si la mort de Guillaume fut chrétienne
Et j'avais si bien cru qu'il allait mourir que j'avais en pleurant dessiné le lit de son agonie. J'avais même, il faut l'avouer, des préoccupations plastiques. Le lendemain, il circulait dans Paris, robuste et sublime. Un matin au Sacré-Cœur de Montmartre deux grands chats noirs me serrèrent contre eux. Une voix disait: "N'ayez pas peur!" Le Sacré-Cœur me parut une de ces fortresses roses qui décorent le sommet des collines italiennes et lui, Guillaume, fut comme un oiseau á tête d'homme au-dessus. était-il mort, le cher lyrique? Mon dessin n'était pas fini. Je le rencontrai á la tête d'un groupe de disciples: était-ce lui ou le Dante? Bien vivant, ah! certes! Guillaume n'était pas mort. Un abbé de grande taille et intelligent me dit: "On ne peut pas être plus vivant que n'est Guillaume Apollinaire. Achevez pourtant le dessin de sa mort et mettez ma silhouette á moi en bas et á gauche."
Derniers poèmes
Prophetic Dreams
I dreamt of a handsome lake and the reflections of cliffs
The cliffs were covered with dark foliage.
The next day I found my emerald again.
I dreamt of a beautiful road thundering with iron-shod hooves.
I had stopped beside a wall of pink rocks
that stretched to the sea and the sky.
I dreamt of an exquisite table where I was offered roast pork
But all I could see was the hostess, a Christian Olympus glowing.
I dreamt of the mass and the altar
and I dreamt of a balustrade
and I dreamt of Benares
and the Hindu Paradise.
Room after room I dreamt of you,
my immaculate youth!
I dreamt of an old man dismembered
by the white phantom of the passing years.
Les rêves prophétiques
J'ai rêvé d'un lac bien formé où se reflétaient des falaises.
Les falaises étaient couvertes d'une verdure sombre.
Le lendemain j'ai retrouvé mon émeraude.
J'ai rêvé d'une belle route où sonnaient fort des pieds ferrés.
Moi je m'arrêtais á l'accotement par une muraille de rochers roses
qui se perdait dans le ciel et la mer.
J'ai rêvé d'une table exquise où l'on m'offrait un porc rôti
moi je ne voyais que l'hotesse où brille un olympe chrétien.
J'ai rêvé l'autel et la messe
et j'ai rêvé d'un garde-fou
et j'ai rêvé de Bénarès
et du Paradis des Hindous.
Je t'ai rêvé de chambre en chambre,
ô ma jeunesse immaculée!
J'ai rêvé d'un vieux que démembre
le fantôme blanc des années.
Derniers poèmes
There are stars that are bees, dark amber and onyx; others are pale sapphire.
God's eyes are closed.
Il y a des étoiles qui sont des abeilles, ambre foncé et onyx; d'autres sont des saphirs clairs.
Dieu a les yeux clos.
Derniers poèmes
Ekleksographia:
Wave Two
October, 2009
Poems
- 1914
- 1914 (French)
- Sorrowful Final Appeal to the Inspirational Ghosts of the Past
- Douloureux appel final aux fantômes inspirateurs du passé
- If Guillaume Had Died a Christian Death
- Si la mort de Guillaume fut chrétienne
- Prophetic Dreams
- Les rêves prophétiques
- "There are stars that are bees"
- "Il y a des étoiles qui sont des abeilles"
Mark Weiss translates Max Jacob
Mark Weiss' most recent poetry collections are Fieldnotes (1995) and Figures: 32 Poems (Chax Press, 2001). Different Birds appeared as an ebook in 2004 (www.Shearsman.com). He edited, with Harry Polkinhorn, Across the Line / Al otro lado: The Poetry of Baja California (2002). Among his translations are Stet: Selected Poems of José Kozer (2006) and Cuaderno de San Antonio / The San Antonio Notebook, by Javier Manríquez (2004). His anthology The Whole Island: Six Decades of Cuban Poetry is forthcoming in November 2009 from University of California Press. A collection of his own poems, As Landscape, will appear from Chax Press at about the same time.